Le président de la République de Madagascar Andry Nirina Rajoelina fut l’invité d’honneur à l’occasion de la célébration du 51e anniversaire de l’indépendance de l’île Maurice. À lui de déclarer que « Maurice est un modèle de développement et c’est la raison pour laquelle Madagascar renforcera davantage sa proximité avec l’ile Maurice », ainsi, un accord de coopération a été signé entre les deux pays pour assurer la pérennité de ses liens établis.

Madagascar et Maurice, des îles sœurs complémentaires

Madagascar reste toujours un pays à un fort potentiel économique malgré les différentes crises qu’il a subies. Sa position géographique stratégique lui permet, comme à Maurice, d’attirer beaucoup d’investisseurs étrangers tant dans les secteurs agroalimentaires et les TIC que dans les secteurs miniers et touristiques. De plus, il possède une grande superficie de terres inexploitées ainsi que de riches ressources naturelles, choses qui manquent à l’île Maurice en plus de la main-d’œuvre. Selon Vidur Ramdir, directrice de la communication et du marketing du Fonds de solidarité africaine, établir un partenariat pour promouvoir les échanges économiques et commerciaux entre les deux pays sera bénéfique et concevoir des zones économiques spéciales permettra de séduire plus d’investisseurs dans les secteurs clés. Toujours d’après elle, les infrastructures défavorables, un accès restreint aux instruments financiers et au crédit, mais également les problèmes concernant les titres de propriété constituent un frein aux progrès en matière d’investissement.

En outre, Madagascar figure parmi les fournisseurs de l’île Maurice avec des exportations allant jusqu’à 59 millions de dollars américains, il est son deuxième partenaire commercial en Afrique. Le secrétaire général de l’Association Freeport, Afzal Delbar évoque les relations commerciales existantes entre les deux pays depuis des années en estimant que c’est le bon moment d’investir avant de se faire devancer par les autres pays étant donné que l’île Maurice est actuellement en plein développement économique.

Des secteurs clés d’investissements

Le tourisme, un secteur en plein essor

Madagascar possède un énorme potentiel en ce qui concerne le secteur touristique. Faisant partie des pays possédant une méga biodiversité, il attire des milliers de touristes chaque année. En effet, avec plus de 80% de faune et de flore endémique et du soleil tout au long de l’année, l’industrie du tourisme est un secteur clé du développement économique du pays en assurant la rentrée de devises et la création d’emplois. Rien qu’en 2017, environ 300 000 touristes ont été recensés. Cela montre l’engouement des étrangers pour la destination. Des aires protégées et des parcs naturels verront le jour ce qui va privilégier les projets d’écotourisme. Le gouvernement mise sur un tourisme de prestige en projetant de créer des infrastructures, des produits et des services qui respectent les standards internationaux. Entre autres, il sera possible d’investir dans le tourisme à Madagascar dans le domaine de l’hôtellerie, la restauration, le transport, mais également les activités à sensation forte.

La fabrication et le textile pour répondre aux besoins du pays

Le gouvernement promeut la création de nouvelles entreprises et le développement d’industries pour permettre une autosuffisance du pays dans le domaine de la santé, de l’agroalimentaire, de l’énergie solaire et de l’industrie automobile. Maurice souffre actuellement d’un manque de main-d’œuvre or, à Madagascar, elle abonde en plus d’avoir un salaire minimum cinq fois moins élevé. Et vu que le français est parlé couramment dans les deux pays, la barrière de langue ne se pose pas. En outre, les droits d’importation et d’exportation sont moins onéreux entre les deux pays. Ainsi, il est possible pour Maurice d’accéder aux ressources locales malagasy. Le président malagasy a avancé qu’une surface de 80 hectares serait accordée aux investisseurs mauriciens pour la création d’un parc industriel.

Investir dans l’agro-industrie et l’agriculture

Le domaine de l’agro-industrie et de l’agriculture est également en pleine croissance dans le pays malagasy. Redevenir le grenier à riz de l’Océan indien est un objectif que l’État vise d’ici 2024. Egalement, il ambitionne de fournir d’autres produits agricoles dans la région indo-océanique pour commencer, cela se révèle bénéfique pour Maurice en raison de la proximité.

Une production d’énergie à la portée de tous

Des questions sur le secteur énergétique ont aussi été évoquées. Pour son mandant de cinq ans, le président malagasy veut réduire le prix de l’énergie en multipliant par deux sa production d’énergie. Un domaine d’investissement fortement sollicité notamment en ce qui concerne les énergies renouvelables :  le solaire, l’hydraulique ou l’éthanol.

Faciliter l’accès à la santé

L’accès à la santé devrait également être vu de plus près. Plus de 150 millions de médicaments sont importés à Madagascar par an et les hôpitaux ont nettement besoin d’équipements aux normes internationales. Les investisseurs seront donc amenés à placer des capitaux dans la création de laboratoires ainsi que de sociétés pharmaceutiques. Madagascar dispose de plusieurs surfaces ainsi que des matières premières nécessaires à la fabrication des médicaments et des produits chimiques. De plus, un don de 100 000 USD a déjà été offert par le Premier ministre Jugnauth pour la lutte contre la rougeole.

Le secteur des services, un investissement sûr

Ainsi, grâce à son expertise, Maurice pourra apporter de l’aide en matière d’intimidation financière. Seulement la moitié de la population malagasy possède un compte bancaire, une vraie opportunité pour les établissements bancaires mauriciens. Ces derniers pourront proposer des crédits et en faciliter l’accès. Le BPO est aussi un secteur très prisé dans le pays avec une main-d’œuvre qui supporte la concurrence selon Frankie Tang, économiste et consultant en investissements. Les entreprises de télécommunication pourraient également profiter de ce commun accord en créant des entreprises à Madagascar pour répondre à la demande croissante en matière de téléphonies mobiles.

La coopération entre les deux EDB (Economic Development Board) des pays devrait se renforcer grâce à la signature d’un Momeradum of Understanding. Une grande synergie et une grande complémentarité existent entre eux selon le PDG François Guibert. Ainsi, les échanges entre les deux pays en ce qui concerne les capitaux, les produits et les personnes seront simplifiés.

Lors de cette dernière visite du président Andry Nirina Rajoelina à Maurice, des accords ont été signés entre les deux pays. Ces collaborations concernent le domaine de l’éducation, de l’assistance juridique et également des normes scientifiques concernant les échanges commerciaux.